Seulement 8 banques ont échoué aux nouveaux « tests de résistance » conduits par les autorités de régulation bancaire européennes, cette fois-ci sous la houlette de la toute nouvelle Autorité Bancaire Européenne, créée au mois de janvier. Et autant dire que malgré une méthodologie apparemment renforcée, les résultats publiés le 15 juillet n’ont semble-t-il pas plus convaincu ni rassuré que ceux de l’an dernier.
Il s’agit avec ces « stress tests », comme on les appelle en anglais, d’établir si les fonds propres des établissements bancaires de l’UE, mesurée en termes de ratios de solvabilité, leur permettraient de résister à différents scénarios de résurgence de la crise économique et financière. La première batterie de tests réalisée l’an dernier, dont les résultats avaient été largement positifs, avaient rapidement perdu toute crédibilité après que l’UE eut dû accorder un plan de sauvetage à l’Irlande mois de trois mois plus tard, dont 35 milliards d’euros servirent à recapitaliser les banques du pays… qui avaient pourtant toutes passé les tests avec succès. Cette fois-ci, les régulateurs européens ont donc choisi de renforcer leurs hypothèses, notamment prenant en compte de manière plus importante les notes de la dette souveraine des Etats par les agences de notations, ainsi que la possibilité d’une nouvelle récession. Résultats : sur 90 établissements étudiés (grosso modo les mêmes que l’an dernier, qui représentent 65% des actifs européens), seulement 8 n’ont pas atteint le ratio de solvabilité nécessaire (« core tier 1 » selon le langage technique de la finance), avec un besoin de recapitalisation s’élevant à 2,5 milliards d’euros. 16 banques supplémentaires sont considérées comme étant dans une situation à risque.
Des résultats une nouvelle fois trop optimistes, ont jugé la plupart des analystes financiers, en raison d’une méthodologie ne prenant pas en compte tous les risques pesant sur les banques européennes à leur juste valeur. Comme l’expliquait le journal Les Echos, les tests n’ont pas pris en compte les problèmes de liquidité en cas de nouvelle situation de gel des crédits entre les banques, et surtout continuent de refuser d’envisager l’éventualité d’un défaut de paiement d’un Etat européen, considérée comme tabou. Selon certaines analyses alternatives, ce seraient plus de 20 banques en Europe qui auraient une capitalisation insuffisante, nécessitant des levées de fonds de 80 milliards d’euros minimum.
Les tests auront néanmoins eu des aspects bénéfiques : établir de manière transparente l’exposition des banques aux dettes souveraines, et obtenir une image d’ensemble de la solidité des systèmes bancaires des différents Etats européens. De ce point de vue, une confirmation : la fragilité du système bancaire espagnol (qui compte 5 des 8 banques recalées). Madrid s’est d’ailleurs déjà engagé à renflouer les établissements qui n’auraient pas réussi à atteindre grâce à des capitaux privés un niveau de fonds propres de 8 % d’ici le mois d’octobre.


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