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Paquet énergie/climat : accord à l’arraché

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Le Conseil européen des 11 et 12 décembre 2008, dernière réussite de la Présidence française?

Nous y voilà, le Conseil européen a finalement trouvé un accord sur le paquet énergie/climat sous la pression de la Présidence française qui en avait fait une de ses priorités et malgré les nombreuses tensions et exigences différentes de la part des Etats membres de l’UE. Si le Parlement européen décide d’entériner l’accord ce mercredi à Strasbourg, la Présidence française pourra se targuer d’avoir réussi à faire passer l’ensemble des mesures relatives à la lutte contre le changement climatique en moins d’un an.


De sa présentation par la Commission européenne en janvier 2008 à cet accord final entre les chefs d’Etats et de gouvernement ce 12 décembre 2008, le paquet énergie/climat a failli sombrer corps et biens, emporté par les conséquences de la crise financière et économique mondiale et par les contraintes institutionnelles européennes. A l’aube du Conseil européen, chaque Etat membre affichait ses revendications face à une Présidence française déterminée à boucler l’accord et dramatisant l’enjeu. A l’issue de ce même Conseil, tous les Etats membres ou presque se félicitent du résultat, en omettant pourtant que les ambitions initiales ont été fortement revues à la baisse, notamment pour la proposition de directive portant sur le système européen d’échange de quotas d’émission (ETS), pierre angulaire du paquet.

Les principales mesures du paquet «climat-énergie»

- une réforme du système d’échange de quotas d’émission (ETS)
- un instrument spécifique pour les secteurs non-couverts par le système ETS (Transports, bâtiment, agriculture, etc...)
- des instruments de fléxibilité (droit à polluer conditionné)
- la définition de cibles nationales en matière d’énergies renouvelables
- une directive sur la capture et le stockage du CO2
- une adaptation du régime des aides d’Etat

Premiers membres du Conseil à tirer leur épingle du jeu, les nouveaux Etats menés par la Pologne bénéficient désormais davantage du mécanisme de solidarité. Alors que chaque Etat membre dispose d’un quota de droits d’émissions à mettre aux enchères, les Etats ayant des revenus par habitant faibles et d’importantes perspectives de croissance profitent de quotas accrus par rapport aux Etats dont le revenu moyen par habitant est supérieur de plus de 20 % à la moyenne communautaire. La Commission proposait que 10% de la quantité totale de quotas à mettre aux enchères des Etats « riches » soit répartie proportionnellement entre Etats « pauvres ». L’enjeu de la solidarité avait provoqué un fort désaccord entre nouveaux Etats membres et anciens, ces derniers ont donc cédé 2% de plus que prévu. La Roumanie, la Pologne et la Bulgarie sont les grands bénéficiaires de cette opération.

La proposition de modification de la directive ETS a également vu ses ambitions réduites pour la mise aux enchères des quotas d’émissions de gaz à effet de serre, jusqu’ici délivrés gratuitement. Pour les secteurs non exposés au risque de fuite de carbone et excepté le secteur de l’énergie, 20% des droits d’émission seront soumis aux enchères dès 2013, comme le proposait la Commission européenne, mais alors que cette dernière instituait la mise aux enchères intégrale des droits d’émissions dès 2020, l’accord du Conseil le repousse à 2027. L’Allemagne, qui craignait pour la compétitivité de ses industries, est rassurée.

Même déclin dans les ambitions pour le secteur de l’énergie, qui devait être totalement soumis dès 2013 à la mise aux enchères intégrale de ses quotas d’émissions, mais qui le ne sera qu’à partir de 2020. C’est un petit cadeau aux Polonais dont le secteur de l’énergie dépend encore fortement des sources d’énergie fossiles comme le charbon, ainsi qu’à certains nouveaux Etats membres.

Mais le plus grand revers pour une modification efficace de l’ETS réside dans l’utilisation des revenus des enchères : la Commission parlementaire de l’environnement voulait en consacrer la moitié à la création d’un fonds international pour la lutte contre le changement climatique dans les Etats en voie de développement, et l’autre moitié pour des actions en faveur du climat dans les Etats membres. Parfaite illustration de la création d’un cercle vertueux permettant une action pour le climat sur le long terme. L’accord du Conseil n’oblige plus aucun Etat membre à utiliser l’argent dans ce sens. Au contraire, il leur laisse toute liberté d’en faire ce que bon leur semble tout en prenant en note leur « volonté d’utiliser la moitié de cette somme pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ». Quant à l’aide pour les Etats en voie de développement, elle ne concerne que les Etats membres qui le « désirent ». Il s’agit en somme d’une déclaration politique n’obligeant à rien, mais invitant à tout…. Ici, tous les Etats y gagnent, mais l’environnement y perd.

Les membres du Conseil européen communiquent à tout va sur la réussite de ce Conseil, sur son caractère historique pour la lutte contre le changement climatique. Certes, de nombreuses mesures contenues dans ce paquet vont permettre une politique efficace de l’Union européenne en vue de la protection de l’environnement, notamment la directive sur les énergies renouvelables et celle sur la qualité des carburants. Mais la crise financière mondiale, ou l’excuse de la crise, ont conduit les gouvernements des Etats membres à se replier sur leurs intérêts proprement nationaux au détriment de l’Europe et de l’environnement. L’art du compromis, propre à la construction de l’Union européenne, aboutit ici à un équilibre précaire dont on ne connaît pas vraiment les conséquences.

Rendez-vous est pris pour la prochaine conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Copenhague en 2009 où d’autres mesures seront décidées. Et bien entendu pour 2020, date butoir qui mettra le monde et l’Europe face à ses réussites ou ses échecs.


Illustration : photo de famille des dirigeants européens à Bruxelles, le 11 décembe 2008
- Source : Présidence Française de l’UE / Elysée


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Luc
2 gennaio 2009
12:44
Arraché, arraché, n’en jetez pas plus!

Je parcours le web depuis un certain temps à la recherche d’infos sur le vote du paquet «changement climatique» et il est rare de voir une information aussi fouillée que celle-ci. Merci donc.

Ma petite synthèse personnelle au fil des informations glanées ça et là m’amène à quelques commentaires cependant.

Je suis toujours un peu géné par des phrases du type, «tel Etat a sauvegardé ses intérêts» qui implique la litanie de la Pologne et de son charbon, l’Allemagne et de son industrie et ainsi de suite. Cela donne l’image d’un Conseil où chaque pay défend ses intérêts égoïstes comme lors d’une cours de récréation où chacun se précipite sur un paquet de caramels.

Prenons la Pologne. Elle a beacoup de centrales au charbon qui polluent. Pouvait elle accepter de payer des amendes pour ses centrales ou les changer toutes d’ici 2020? Non bien évidemment. Elle doit les changer, mais cela implique du temps et de l’argent. Si on voulait lutter contre ses dérogations, alors on faisait exploser le budget de l’UE en subventionnant encore la modernisation de la Pologne....

Et l’Allemagne? Eh bien, elle est la principale base manufacturière avec la France, l’Espagne, l’Italie... Qu’on mette aux enchères des permis de CO2 à son industrie ne pouvait que l’insupporter si les entreprises concurrentes n’avaient pas les mêmes taxes. Là encore, c’est logique.

De même, la mise aux enchères, est-ce vraiment le but de la lutte contre le changement climatique? Ne vaut il pas mieux directement inciter les entreprises à mettre leur agent dans des projets capturant le CO2 plutôt que dans des marchés financiers annexes? Il y a un petit dessin animé qui en dit un peu dessus (http://fr.youtube.com/watch?v=b1kf_...).

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marc
15 ottobre 2009
15:07
mininova org
Paquet énergie/climat : accord à l’arraché

Merci à la Présidence Française d’avoir fait cette pression.

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Autori

Marie RAMOT

Diplômée de l’Institut d’Etudes Politiques de Strasbourg section Etudes européennes, Marie est allée s’expatrier à Bruxelles en 2005 pour se rapprocher des institutions européennes. Elle y a effectué un stage auprès de Marie-Line Reynaud, eurodéputée (...)

Su internet

Présidence Française de l’Union Européenne
Conclusions du Conseil européen, 12 décembre 2008 (PDF)

Commission européenne
Changement climatique
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