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Combien gagnent les professionnels de l’Europe

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Est-on trop bien payé à Bruxelles?

En décembre 2009, un événement marquait les esprits et les pages des quotidiens. L’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne ? Non, plutôt la série de grèves des fonctionnaires européens, remontés contre les Etats membres qui leur refusaient la totalité de leur revalorisation salariale. Initialement fixée à 3,7% pour l’année 2009 et finalement réduite de moitié par le Conseil. Pour la Commission européenne, il s’agit d’une affaire de droit, le Conseil ayant formellement adopté en 2004 la méthode de calcul de cette revalorisation annuelle. Pour les Etats membres, l’affaire est en revanche une affaire un peu embarrassante voire carrément déplacée : confrontés à la crise économique et financière, certains avaient annoncé le gel des salaires de leurs fonctionnaires nationaux...


Trop favorisés les 26 000 fonctionnaires européens ? Trop lucratif le « business » de l’Europe ? L’idée est largement répandue mais repose-t-elle sur des faits réels ? Pour le savoir, il suffit de surfer sur les pages web des institutions. La Commission et le Parlement européen ont essayé ces dernières années de jouer la carte de la transparence en publiant les chiffres. Pour les autres professionnels en revanche, comme les lobbyistes ou consultants en affaires européennes, les règles sont plus aléatoires, les salaires variant en fonction des groupes d’intérêts pour lequel ils travaillent comme de ses succès personnels.

Du côté des institutions européennes, c’est simple : les règles sont les mêmes pour tous les fonctionnaires, qu’ils travaillent à la Commission ou à la Cour de justice de Luxembourg. Ainsi un fonctionnaire, en fonction de son grade (au nombre de 16) et de son échelons (il y en a 5), débute à 2300 € bruts par mois. Pour un directeur général, ce salaire va jusqu’à 16 000 €. Un commissaire gagne environ 20 000 € et le salaire d’un porte-parole peut aller jusqu’à 8000 €. Le président de la Commission, M. José Manuel Barroso, émarge quant à lui à 300 000 € annuels (soit 25 000 € mensuels en moyenne). Au salaire du Président de la Commission il faut ajouter une indemnité annuelle de 90 000 euros, qu’il touche pendant trois ans après la fin de son mandat. L’ensemble des commissaires reçoivent également une telle indemnité à la fin de leur mandat, certains postes dans le privé leur étant interdits à la suite de leur mission à la Commission.

Les Eurodéputés enfin à traitement égal

Pour les eurodéputés, le traitement est également enviable. Certes, depuis juillet 2009 et une réforme du règlement du Parlement européen, le système a changé. Ainsi, un eurodéputé, quelle que soit sa nationalité, reçoit désormais une rémunération mensuelle (unique) de 7665,31 € (avant imposition), payée par le budget du Parlement européen. Avant cette date, chaque eurodéputé était payé par son parlement national. Ainsi, un Italien pouvait gagner plus de 11 000 € (salaire calqué sur les députés nationaux) quand un Bulgare recevait environ 1000 €, un tchèque 1300 € et un slovaque 1500 €. Mais heureusement pour cet eurodéputé italien et pour les autres ressortissants de pays aux niveaux de vie plus élevés, des dérogations à cette règle ont été rendues possibles : ainsi si son gouvernement l’accepte, cet eurodéputé italien pourra tout à fait continuer à percevoir ses 11 000 € mensuels. En vertu de la rémunération unique cependant, celle-ci s’élèvera définitivement, après déduction de l’impôt européen et de la cotisation d’assurance accidents, à 5963,33 euros, explique le Parlement européen sur son site internet. Une rémunération qui correspond encore à 38,5% de la rémunération de base d’un juge de la Cour de justice européenne. Pour un juge, la rémunération se monte ainsi en moyenne à 14 500 € par mois.

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Parlement européen Strasbourg

Lors des sessions plénières, le Parlement européen réduit de moitié le montant des indemnités journalières pour les eurodéputés qui n’ont pas pris part à la moitié des votes. L’indemnité est alors ramené à 149 €. ((c) Olivier Hansen sur flickr)

Au Parlement européen encore, les indemnités de frais généraux pour les eurodéputés sont de 4202 € par mois (cela permet de couvrir par exemple la gestion de leurs bureaux, les ordinateurs, le courrier etc.). Il existe également un per diem d’environ 298 € pour leur présence aux réunions des organes dont le parlementaire est membre. Les remboursements de frais de voyage se font désormais sur la base des frais réels et non plus sur la base d’un forfait qui pouvait parfois être très généreux. Mais les eurodéputés reçoivent encore chaque mois une belle enveloppe de 17 000 € pour payer leurs assistants, souvent au nombre de deux ou trois.

Pour les autres travailleurs de l’institution, 6000 au total en 2009, les choses évoluent ensuite en fonction du métier exercé. Comme pour Marc L., 48 ans, qui travaille pour un groupe politique et gagne « environ 6400 € » par mois. Arrivé en 2004, Marc est en effet passé à travers la « réforme Kinnock », du nom de l’ancien commissaire Neil Kinnock en charge de l’administration, qui a durci les conditions d’embauche des nouveaux fonctionnaires européens. Les nouveaux venus débutent désormais avec un traitement et un grade plus bas qu’auparavant. Une réforme qui a également rendu plus strictes les perspectives de promotion des fonctionnaires, le « mérite » faisant son entrée, au détriment de l’ancienneté.

Autres changements apportés au statut des fonctionnaires ces dernières années : la suppression de certaines indemnités, comme la prime de résidence permettant par exemple aux fonctionnaires de parer au coût des loyers dans la ville où ils vivent. Néanmoins, il existe toujours une douzaine d’indemnités et d’allocations toujours en vigueur, telles des primes de dépaysement (16% du salaire puis 4% après 5 ans), le remboursement des frais de déménagement, des frais de voyages etc. Les allocations familiales sont également généreuses, de « l’ordre de 800 € par mois » pour Marc qui a un « enfant » de 19 ans. Quant à la sécurité sociale des communautés européennes, « elle rembourse assez bien, de l’ordre de 80% » des dépenses de santé.

A titre de comparaison, quand on se réfère par exemple aux fonctionnaires belges, on peut dire qu’un fonctionnaire européen « de base » gagne autant qu’un conseiller adjoint ou qu’une directrice des ressources humaines dans une administration communale, qui émarge à environ 3000/3500 € par mois. Mais laisser la comparaison à ce stade serait trompeur. Au Luxembourg, à même niveau de grade et d’échelon, un fonctionnaire national gagne bien plus qu’un fonctionnaire européen. En France, un cadre catégorie A (la plus haute) de la fonction publique débute quant à lui à 2700 € nets en moyenne, selon les chiffres 2008 de l’Insee.

Les fonctionnaires européens se sentent moins bien lotis qu’auparavant

Mais la comparaison ne résiste pas longtemps à certains faits : un fonctionnaire européen au plus bas des grades et des échelons gagne 2300 € par mois pour des métiers tels que le secrétariat ou encore le grade de technicien administratif. Dans la fonction publique française, par exemple, ces mêmes métiers et grades correspondent déjà à la catégorie B (il existe 3 catégories, A, B et C, cette dernière étant la plus basse) et sont rémunérés en moyenne 1800 euros par mois, avec là aussi des spécificités. La rémunération d’une secrétaire se rapproche davantage des 1500 euros. Beaucoup moins bien donc que les fonctionnaires européens.

Cette différence, Simon François, un jeune chercheur de l’Université Libre de Bruxelles, en a fait l’un de ses thèmes de travail. Selon lui, « s’il est vrai que les traitements européens aux grades inférieurs, pour les secrétaires par exemple, sont largement supérieurs à ce qui se fait dans la majorité des Etats membres, les experts nationaux détachés des Etats membres, en revanche, gagnent toujours en moyenne bien plus que les plus hauts fonctionnaires européens ».

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Parvis du parlement européen à Bruxelles

A Bruxelles, les rémunérations des fonctionnaires européens et des lobbyistes subissent elles aussi les effets de la crise... ((c) sigfus.sigmundsson sur flickr)

Pour ce jeune chercheur, il faut ne pas tout mélanger. Le fait qu’une secrétaire de l’UE gagne autant qu’un fonctionnaire national plus ancien et de plus haute catégorie s’explique aussi par « les exigences du métier qui requièrent de parler au moins 3 langues et font que la plupart du temps ils sont expatriés ». Et surtout les diverses indemnités et privilèges accordés aux fonctionnaires européens sont en diminution constante au fil des ans. Dans les années 80, « il existait des indemnités pour tout, un peu farfelues », raconte Simon François. « On trouvait même des magasins détaxés au sein des institutions, des supermarchés à prix ajustés spécialement pour les fonctionnaires ». « Folies » qui ne sont plus de mise à présent.

De là à conclure à la terrible dépréciation des conditions de vies des fonctionnaires, il y a cependant un pas. Marc L., par exemple, a jugé assez malvenu en ces temps de crise le fait que les fonctionnaires puissent se mettre en grève pour réclamer des hausses de salaires, les conditions de rémunérations des fonctionnaires restant tout de même plutôt « bonnes ». Et « le rythme de travail n’est pas toujours infernal », selon lui. C’est également l’avis de Simon François, bien qu’il soit plus nuancé : il estime que malgré un sentiment de plus en plus répandu chez les fonctionnaires de dépréciation de leurs conditions de vies, celles-ci restent quand même très satisfaisantes.

Les lobbyistes, les autres grands gagnants ?

Des idées reçues, fondées ou non, il en circule également beaucoup sur les lobbyistes européens, ou les consultants en affaires publiques européennes. Volontiers accusés de faire les législations européennes à la place de la Commission elle-même, ou bien même « d’acheter » ces mêmes décideurs, ils sont aujourd’hui environ 15 000 à Bruxelles et génèrent des recettes de l’ordre de 60 à 90 millions d’euros par an. Implantés dans 2600 bureaux de la capitale de l’Union européenne, ces lobbyistes présentent un profil financier plus hétérogène que celui des fonctionnaires européens, les situations variant selon les cabinets. Les lobbyistes n’aiment pas vraiment afficher leurs salaires au grand jour, ni leurs clients leurs dépenses de « lobbying ». Ils n’aiment pas non plus détailler avec précision la nature de leur travail dans le « fameux » registre européen volontaire des lobbyistes, mis en place par la Commission. Une timidité que certaines associations, réunies dans le réseau Alter-EU, qui surveille l’influence des lobbies à Bruxelles, ne cessent de critiquer depuis deux ans.

En revanche, une chose est certaine, les profils des fonctionnaires et lobbyistes se rapprochent davantage sur un point : des salaires qui peuvent devenir rapidement très attractifs. Ainsi, un consultant, en général bilingue ou trilingue et issu d’une grande école, débute sa carrière à environ 2500 € bruts par mois et après 4 à 5 ans, ce salaire passe à 6000 € en moyenne. En moyenne, car dans les faits, certains cabinets de conseils démarrent avec des rémunérations beaucoup plus basses. Marie F., 26 ans, se rappelle ainsi avoir été embauchée pour « 1300 € bruts ». Mais deux ans plus tard, elle a été promue. Compétente et l’ayant démontré, Marie a ainsi vu son salaire multiplié par 3. Elle gagne aujourd’hui 4000 € bruts par mois.

D’une manière générale, les cabinets de conseils, quelle que soit leur nationalité, organisent les fourchettes de salaire selon des « grades » de « junior » à « senior ». José Lalloum, président de l’EPACA, l’association des consultants en affaires européennes qui regroupe trois-quarts des cabinets implantés à Bruxelles, connait bien la situation. Il estime que, pour un senior compétent et reconnu, « on peut dire que son salaire est celui d’un très bon avocat ». La « séniorité » et les salaires peuvent également « monter très vite », notamment lorsque le lobbyiste arrive des institutions européennes et qu’il dispose tout de suite d’une expertise en affaires européennes. Mais « chaque cabinet a une politique différente », reprend José Lalloum, notamment en ce qui concerne la négociation entre le consultant et sa hiérarchie des bonus qui récompensent un travail efficace. Dans le cabinet de Marie F., il n’existe ainsi « pas de primes, ni d’incentives particuliers, sinon un 14ème mois », les systèmes de bonus et de primes étant plus répandus dans les cabinets anglo-saxons. Mais, ajoute-t-elle, on peut « renégocier régulièrement son salaire ». En ce qui la concerne, son salaire est revalorisé de 5 à 10% chaque année.

Quant aux avantages en nature, cela va des tickets-restaurants à la voiture de fonction, en passant par des abonnements à des salles de sport, avantages qui sont défiscalisés en Belgique et qui donc ne coûtent rien aux employeurs étrangers. Chaque cabinet a également son propre plan de retraites par capitalisation et offre une mutuelle à ses employés. Des choses qui restent sommes toutes « classiques également par rapport à ce qui se fait dans les autres pays», pour José Lalloum. Il n’existe pas tant de différences entre un lobbyiste basé à Bruxelles et un lobbyiste basé à Paris ou à Londres, explique-t-il. Les salaires sont en moyenne les mêmes mais « à Londres, vous aurez un coût de la vie plus élevé ; alors qu’à Bruxelles, on sera plus ponctionné qu’ailleurs ». Les différences se situent donc moins dans les salaires reçus que dans les villes où l’on exerce la profession. Mais, nuance José Lalloum, « il est vrai que les salaires à Bruxelles sont toujours revus à la hausse ». Cela est le fait de la « concurrence des institutions européennes » et des salaires attractifs qu’elles proposent. Les consultants ne doivent pas avoir l’impression que le traitement offert par les institutions de l’Union européenne reste le plus intéressant à Bruxelles. Et ce traitement étant en l’occurrence très favorable, il faut donc pouvoir continuer à motiver ses troupes. Même si la profession ne reste pas non plus insensible au climat économique, « la période de ralentissement économique se faisant également ressentir sur nos affaires ». En 2010, assure José Lalloum, il y aura donc « probablement moins de bonus délivrés qu’il y a deux ans ».

Pas de quoi émouvoir le réseau Alter EU. Les salaires gagnés individuellement par les lobbyistes ne sont pas au cœur de ses préoccupations. Ce qui inquiète le réseau, c’est le manque de transparence quand il s’agit de parler des dépenses d’influences des lobbyistes auprès des institutions ; ou d’inscrire leurs recettes annuelles dans le registre européen. Dans son dernier rapport le réseau a constaté des déclarations « de l’ordre de 680 000 à 700 000 € par an pour les cinq plus grosses compagnies présentes à Bruxelles. Autant dire que ces déclarations nous semblent dérisoires et ridicules », dit Natacha Cingotti, membre d’Alter EU. Le réseau s’inquiète aussi du peu d’informations disponibles sur les conflits d’intérêts potentiels entre lobbyistes et fonctionnaires, voire entre lobbyistes et ex-commissaires. Certains membres du collège Barroso 1 sont « rapidement passés dans le secteur privé », alors même que le statut de la fonction publique européenne encadre strictement de telles pratiques.


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adobi
28 giugno 2010
15:22
Combien gagnent les professionnels de l’Europe

un article qui a le mérite de publier des chiffres et de présenter la situation des fonctionnaires de la Commission, des députés, et eds ’lobbyistes’. Mais c’est quand même fort descriptif... Par ailleurs, la question de l’imposition n’est pas abordée: entre le fonctionnaire qui paye l’import communautaire, et le consultant qui paye ses impots en Belgique, il y a plus qu’un fossé... Nombre de lobbyistes/consultants commencent en stage, à 600/1000€ par mois pendant un ou deux ans. C’est aussi ca la réalité du ’marché européen’. L’enveloppe de 17000€ par MEP pour les assistants est trompeuse: ces derniers n’émargent pas tous à 5300€/mois (s’ils sont 3) et la présentation des faits est trompeuse. Ils commencent plutot à 2000/2500€ ce qui, après 5 à 6ans d’étude parait assez logique.

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Julien
28 giugno 2010
17:00
Combien gagnent les professionnels de l’Europe

Bonne vue d’ensemble. Mais les Lobbyistes «grand gagnants»... le 4000 euros bruts revient environ à 2200 euros nets...donc au bout de 3 ans d’expérience, au mm niveau qu’à l’entrée à la Commission...

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Len
28 agosto 2011
23:56
Combien gagnent les professionnels de l’Europe

Bon Page de contenu, je vous souhaite une bonne continuation.

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Lynnette
5 ottobre 2011
05:55
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Ils est nettement capital ton chronique, j’ai vu autant ce emplacement casino en ligne francais afin boursicoter au divertissements ou enjoler au casino. Poursuivre également vous-meme le évaluer.

Xavier
28 giugno 2010
18:09
Combien gagnent les professionnels de l’Europe

Ils sont quand même bien renseignés ces euros!!

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Pierre
29 giugno 2010
10:12
Combien gagnent les professionnels de l’Europe

idée intéressante d’un sujet d’article, mais il faudrait faire attention à ne pas mélanger poires et pommes! «2500 € bruts par mois» revient plus ou moins à moins de 1500 euros par mois dans le système belge qui taxe de manière très élevée. Quand à dire que «après 4 à 5 ans, ce salaire passe à 6000 € en moyenne» (soit en général un peu moins de 3000 euros), je peux vous assurer que c’est tout simplement faux dans la très grande majorité des cas autour de moi, on est souvent nettement en dessous, même en prenant en compte les avantages éventuels qui existent à côté.

Enfin, une remarque personnelle: le sujet de la transparence des revenus du lobbying est un sujet passionnant en soit, mais qui à mon sens n’a pas grand rapport avec le sujet principal de l’article. Quant à la dernière assertion, elle est tout simplement fausse: il n’est pas interdit pour une commissaire de passer dans le secteur privé, c’est de travailler dans un domaine proche du portefeuille occupé qui est soumis à revue d’un comité d’éthique (SEC(2004) 1487/2 «Whenever Commissioners intend to engage in an occupation during the year after they have ceased to hold office, whether this be at the end of their term or upon resignation, they shall inform the Commission in good time. The Commission shall examine the nature of the planned ccupation. If it is related to the content of the portfolio of the Commissioner during his/her full term of office, the Commission shall seek the opinion of an ad hoc ethical committee. In the light of the committee’s findings it will decide whether the planned occupation is compatible with the last paragraph of Article 213(2) of the Treaty.»)

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Benoît Roussel
29 giugno 2010
14:01
Combien gagnent les professionnels de l’Europe

Merci à tous pour vos réactions, commentaires et précisions.

Pour revenir point par point sur les éléments mentionnés, dans l’ordre chronologique de l’article

1) La rémunération des assistants parlementaires : En effet, l’enveloppe de 17.000 € par député et par mois que nous mentionnons ne donne pas en elle-même d’indication sur la rémunération dont bénéficie chaque assistant parlementaire. Dans le passé, celle-ci était d’ailleurs fréquemment caractérisée (à l’image de ce qui prévalait aussi pour les députés européens) par une grande disparité des situations individuelles. Dans le passé cependant, car le Parlement, à la suite de l’harmonisation du statut financier des députés européens, a également procédé à une harmonisation de la situation des assistants parlementaires. Depuis le début de la nouvelle législature, le statut des assistants a été intégré à celui des autres agents de la Communauté européenne, ce qui veut dire que la rémunération des assistants parlementaires est aujourd’hui comparable à celle des agents contractuels en début de carrière à la Commission, que nous mentionnons dans l’article (autour de 2500 – 3000€, le net ne différant que très faiblement du brut pour les agents des Communautés européennes, non assujettis à l’imposition belge).

2) La rémunération des consultants en affaires publiques européennes (lobbyistes) : Contrairement à la situation des agents de la fonction publique européenne, celle des consultants en affaires publiques est en effet assez hétérogène. Les situations varient notamment en fonction du type d’organisation de représentation d’intérêts pour laquelle on travaille (cabinet indépendant ou association professionnelle représentant une branche particulière), du niveau de séniorité dans l’entreprise (comme nous le mentionnons dans l’article)… mais aussi du type de contrat de travail: certains lobbyistes qui travaillent à Bruxelles sont en effet employés sous des régimes étrangers, comme par exemple les VIE français, bien plus avantageux financièrement à la fois pour l’entreprise et l’employé (à ceci près que ceux-ci ne cotisent pas pour les allocations chômage...).

Un élément qui a été plusieurs fois souligné dans vos réactions, est celui du niveau des prélèvements obligatoires, très élevés en Belgique (et donc pour les lobbyistes sous contrat belge). Un salaire brut de 2500€ (courant en début de carrière) donnera ainsi un salaire net (post impôts, car ceux-ci sont prélevés à la source) de moins de 1500€, auquel s’ajoutent certains avantages en nature. Nous reconnaissons également explicitement dans l’article que les situations peuvent être beaucoup moins enviables encore (« 1300 € brut »), et il est vrai que certains jeunes actifs ont l’impression d’être « exploités » par leurs employeurs. Cependant, nous ajoutons aussi que la faiblesse de la rémunération est atténuée par un coût de la vie relativement moins élevé à Bruxelles que dans d’autres capitales européennes où se pressent les jeunes diplômés, notamment Paris et Londres. Surtout, le point essentiel de nos remarques sur les revenus des consultants en affaires publiques est la forte progression des salaires au cours d’une carrière : commençant généralement en deçà de celle des agents de la fonction publique européenne, la rémunération du secteur privé devient, en comparaison, de plus en plus attractive, ce qui permet d’ailleurs à de nombreux cabinets de conseil ou d’avocats de débaucher des hauts fonctionnaires.

3) Ce qui me mène au troisième et dernier point, celui de la transition entre secteur public (Commission européenne) et secteur privé (cabinets de conseil ou d’avocats). Comme Pierre l’a justement remarqué dans son commentaire, il est faux d’affirmer que de telles transitions sont interdites (nous avons très légèrement adapté la dernière phrase pour éviter toute confusion à ce propos). L’encadrement - en théorie - très strict du « pantouflage », est nécessaire car le milieu européen bruxellois vit de l’interaction et de la comparaison entre le public et le privé, non seulement en termes de rémunération, mais aussi et surtout d’information. La Commission a ainsi le droit d’interdire à un de ses anciens agents d’effectuer une certaine activité ou de rejoindre un certain employeur dans le privé, pendant un certain nombre d’années (par exemple un juriste de la DG Concurrence qui voudrait rejoindre un cabinet d’avocats s’occupant d’un cas sur lequel le fonctionnaire aurait travaillé à la Commission).

Cependant, plusieurs Commissaires de la Commission Barroso sont rapidement passés dans le privé, comme M. McCreevy chez Ryan Air ou M. Verheugen chez RBS, passages tous approuvés par le comité d’éthique. Sans aller plus loin à ce sujet (qui fera bientôt l’objet d’un article), je rappellerais uniquement ici que ces transferts ont été assez fortement critiqués. Il s’agissait pour nous de souligner les rapports ténus et compliqués entre secteurs public et privé à Bruxelles, dont la rémunération est un des éléments essentiels.

Bien cordialement,

Benoît Roussel,

Directeur des rédactions

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Quentin DICKINSON
12 luglio 2010
23:27
Combien gagnent les professionnels de l’Europe

Article intéressant et bien documenté. Il manque cependant une référence à ces autres professionnels de l’Europe que sont les 1.100 journalistes accrédités permanents, dont la situation financière individuelle ne cesse de se dégrader. L’Association de la Presse internationale centralise les données de la question, qui n’est pas dénuée d’implications éthiques, dans la mesure où un nombre croissant de journalistes se trouve, pour survivre financièrement, dans l’obligation de travailler de façon complémentaire pour l’une ou l’autre institution européenne - voire pour un lobby.

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JRBoot
30 agosto 2010
17:05
Combien gagnent les professionnels de l’Europe

Il faut arrêter de parler en brut, surtout que d’un Etat Membre à l’autre, les taux de prélèvement et charges n’ont rien à voir. 3000€ bruts en France, c’est de l’ordre de 2300-2400€ nets. En Belgique, c’est à peine 1800€ nets. 1800€ après cinq ans d’études et deux ou trois ans dans une grande consultancy, excusez moi du peu, c’est minable et je sais de quoi je parle.

Ne parlons même pas des non-salaires des nombreux stagiaires et researchers(là où je travaille, il y en a 8 pour une quarantaine de consultants + administratifs, financiers, etc...). Le lobbying est hyper mal payé pour les 60% en bas de l’échelle à Bruxelles. Dirons-nous correctement payé, sans plus pour un senior, soit 35% de plus des effectifs. Les 5% restants, divas et autres directeurs de practices émargent sans doute à bien plus, mais il sont une minorité et ne sont pas représentatifs de la moyenne de la profession.

Aussi, présenter le lobbying comme quelque chose de juteux pour ceux qui en vivent est-il totalement faux, il faut arrêter les clichés.

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Sophie Plovier

Sophie Plovier est une journaliste spécialiste des affaires européennes. Elle vit et travaille à Bruxelles
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Le Groupe des Belles Feuilles (GBF), rassemblement de jeunes professionnels intéressés par les questions européennes, lance « Vigie 2012 », une initiative innovante pour scruter la place de l’Europe dans la campagne présidentielle.

Inspiré des méthodes de fact checking américaines, le site décortiquera jusqu’au second tour les interventions des candidats et la place réservée aux questions européennes dans les médias avec un double objectif : démêler le vrai du faux et mesurer la place de l’Europe dans le débat.

L’opération, indépendante, est financée intégralement par la Fondation Hippocrène.

Vigie 2012 : le fact-checking européen de la présidentielle

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