Aggiungere un commento

Constitution : en attendant les 16 et 17 juin...

Consigliare questo articolo

« Blair donne le coup de grâce à la Constitution europénne » titrait le 7 juin 2005 le journal «Le Monde», après la décision du gouvernement britannique de suspendre la tenue de son référendum sur le traité constitutionnel. Peut-on pour autant affirmer que les Britanniques ont aujourd’hui signé l’arrêt de mort du texte européen ?


Je voudrais partir des propos qu’a tenu Jack Straw devant les parlementaires britanniques pour tenter une interprétation de cette mesure suspensive : « Tant que les conséquences de l’incapacité de la France et des Pays-Bas à ratifier le traité ne seront pas clarifiées, il ne serait pas raisonnable à notre avis de fixer une date pour une seconde lecture –du projet de loi référendaire ». Que veut-il dire par là ? A mon avis, les britanniques sont avant tout coincés entre deux feux et ils ne veulent pas être les « fossoyeurs » justement (ou ceux considérés comme tels) du projet de traité. D’un côté ils ont constaté comme l’Europe entière la quasi mort « politique » de la Constitution dans l’ère de « l’après-non franco-néerlandais ». Ils savent pertinemment que deux « non » venant de ces pays-là est très problématique. De l’autre restent les neuf pays qui ont dit « oui », et les treize en attente de ratification. Or, malgré le fait que la Pologne et la République Tchèque doutent maintenant du bien-fondé de ces consultations (dans le sillage de la décision britannique rappelons-le), tout le monde veut avoir son mot à dire, et chaque Etat souhaite voter, ce qui est bien démocratique et légitime. Cette évidence-là semble d’ailleurs assez absente de quelques esprits bien intentionnés chez nous qui, tels Mme Buffet et M. Moscovici, enterrent le traité et ne veulent plus en entendre parler. Blair ne voulant donc pas arbitrer en solo -et c’est sans doute bien sage- entre tuer le traité dans l’œuf (en annulant son vote référendaire) et suivre à tout prix le processus de ratification (volonté majoritaire chez les Etats), il a choisi la précaution. Suspendre la décision du référendum l’extrait de l’actualité chaude-bouillante, et lui permet de patienter dix jours jusqu’aux 16 et 17 juin prochains durant lesquels se rencontreront les chefs d’Etat et de gouvernement au Conseil européen. A ce moment là une décision collective (et normalement consensuelle) devrait être prise sur les suites à donner aux deux votes populaires négatifs, ce qui le dédouanera de toute mauvaise intention, car soulignons-le, si il a fait ce choix maintenant c’est purement circonstanciel car c’est à la mi-juin, donc dans les jours qui viennent, que le Parlement britannique devait débattre en deuxième lecture du projet de loi portant référendum.

Même si ce geste s’inscrit dans la dynamique du rejet franco-néerlandais, je ne crois pas qu’il faille considérer Tony Blair comme celui qui a porté le coup fatal au traité constitutionnel. On peut prêter des intentions malignes aux Britanniques en matière européenne, mais Blair a été et reste de loin le Premier ministre le plus europhile du Royaume. La France et les Français conserveront le titre de « fossoyeurs » de la Constitution.

Ceci se veut un texte court et interprétatif d’une décision particulière. Je ne me suis pas étendu sur les positions spécifiques de chaque pays (y compris de la Grande-Bretagne vis-à-vis du traité). Je ne veux pas non plus tomber dans la politique fiction car je pense qu’il faut attendre le Conseil de la mi-juin avant de se prononcer sur la suite des événements.


Consigliare questo articolo
reagir   stampa   Invia via email   Autori
Spazio reazioni (1)
ds Aggiungere un commento
Arnaud
15 ottobre 2006
16:28
Constitution : en attendant les 16 et 17 juin...

Ce n’est pas tant la décision (assez sage au demeurant) d’attendre le Conseil des 16-17 juin qui me chagrine, c’est plutôt que la France ait eu droit (fait rarissime) à une standing ovation de la part des membres de la Chambre des Communes hostiles au traité constitutionnel.

Après, présenter les britanniques comme fossoyeurs du traité, soit c’est de l’humour «so british», soit c’est de l’amnésie post-traumatique, soit c’est vraiment la preuve que pour beaucoup le 29 mai n’était qu’un vote comme un autre, et que les français ont la mémoire plus courte qu’on ne le dit, et l’analyse sacrément sélective.

ds Rispondere a questo commento
ds Aggiungere un commento
Politique européenne
Quand la mode des technocrates vide l’Europe de tout sens du politique.
Le 1er novembre 2011, l’italien Mario Draghi a pris officiellement ses fonctions de Président de la Banque Centrale Européenne (...)

Autori

Jean-Baptiste BURDY

Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble, Jean-Baptiste (mais on dit bien sur JB, ou des fois même Jibouze) est actuellement étudiant au Master recherche de droit européen de l’université Lyon III. Il a vécu un an aux Pays-Bas en tant (...)
Derniers commentaires

devouvre le website certainement avantageux. Moi pense lequel ego revenir lorsque l’envis afin de decouvrir article. casino avec bonus

Merilyn sur AVORTEMENT : une revendication (...) | 18 mai 2012, 13:49 (14)

jouer casino gratuit trouve votre site sincerement interessant. Moi-même pense qui je reintegrer lorsque plus de temps afin de consulter dire.

Melissa sur Stratégie UE 2020 : chronique d’une (...) | 15 mai 2012, 17:53 (3)

jouer au casino gratuitement machine a sous Moi-même trouve votre website tres captivant. Moi espere nous-même reexaminer plus de temps afin de decouvrir nouveaux (...)

Debra sur 8 banques recalées aux « stress tests (...) | 15 mai 2012, 17:35 (1)

Salutation, Merci d’avoir partagé cet article avec nous. A bientôt.

fabienne sur Pouvoir d’achat : que peut-on réellement | 10 mai 2012, 13:55 (7)

Salut, merci pour ces informations très interessent. C’est avec grand plaisir que je suiverai vos futurs publications. Bonne continuation. parier sur le foot en ligne (...)

matthieu sur Crise alimentaire mondiale, émeutes (...) | 9 mai 2012, 18:25 (6)

Ils nous tweetent
Facebook

L’affaire de corruption au Parlement européen, mettant en cause 3 eurodéputés sur les 60 approchés par le Sunday Times vous semble

Les blogs des sections locales et thématiques du groupe Euros du village
Le « Sonderfall » hongrois face à l'Europe
Par Zoltan BECSI
17 mai 2012
L'heure de l'apaisement pour l'hyper président
Par Gauthier Corbat
15 mai 2012
Hollande : l'enjeu de la croissance. Vraiment ?
Par Søren Henrichsen
14 mai 2012
Apprivoiser l'hydre de Bruxelles
Par Candice Léchot , (...)
11 mai 2012
La France, une nouvelle Grèce ?
Par Nataliya BORYS
8 mai 2012

Le Groupe des Belles Feuilles (GBF), rassemblement de jeunes professionnels intéressés par les questions européennes, lance « Vigie 2012 », une initiative innovante pour scruter la place de l’Europe dans la campagne présidentielle.

Inspiré des méthodes de fact checking américaines, le site décortiquera jusqu’au second tour les interventions des candidats et la place réservée aux questions européennes dans les médias avec un double objectif : démêler le vrai du faux et mesurer la place de l’Europe dans le débat.

L’opération, indépendante, est financée intégralement par la Fondation Hippocrène.

Vigie 2012 : le fact-checking européen de la présidentielle

Politique
Economie
Société & Médias
Développement durable
Affaires intérieures
Affaires extérieures
Bruxelles & Euro-bulle
France
UE 27
L’autre Europe
Monde
Eurosblogs
Le « Sonderfall » hongrois face à l'Europe
Y’a pas le feu à l’Europe
© Groupe Euros du Village 2010 | Mentions légales | Site réalisé avec SPIP | Réalisation technique et design : Media Animation & Euros du Village France