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DOMINIQUE REYNIE : « Des points de vue qui distinguent l’Europe du reste du monde »

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L’opinion européenne

Dominique REYNIE est professeur à Sciences Po et directeur de la série annuelle L’Opinion européenne (La Table Ronde/Fondation Robert Schuman). Ses blogs : www.opinioneuropeenne.eu (en français) et www.europeanopinion.eu (en angais)

Le terme d’« opinion publique européenne » ou d’« espace public européen », que la Commission elle-même n’hésite pas à utiliser dans ses initiatives récentes et controversées de communication, recouvre-t-il une réalité tangible ? Au delà des études « Eurobaromètre », censées mesurer l’humeur des Européens, et dont l’interprétation est souvent mise en doute, faisons nous face dans l’UE à 25 opinions publiques plus ou moins « européanisées » ou à une seule sphère publique, quitte à ce que celle-ci ne soit que le fruit de conjonctions éphémères ? Observateur de longue date et reconnu de l’opinion vis à vis des questions européennes, Dominique Reynié, enthousiasmé par le projet « Euros du village », nous propose sa vision des choses quant à la pertinence du concept d’« opinion européenne ». Les Européens sont-ils susceptibles de partager une même perception des enjeux ?


La notion d’« opinion européenne » ne va pas sans susciter scepticisme, crainte de l’artifice, voire de la pure fiction. Jusqu’à très récemment, cette « opinion » ne s’exprimait guère en dehors des enquêtes par sondages. Or, l’idée même d’une opinion européenne, pour être vérifiée, suppose qu’il existe, et que l’on puisse mesurer, des opinions communes aux Européens, c’est-à-dire une communauté d’opinion englobant une pluralité de pays à l’intérieur d’un espace commun qui est l’Union européenne. Mais pareillement, une opinion commune aux Européens, dès lors que partagée par des non-Européens, n’en est plus une au sens où il faut la qualifier d’opinion transnationale, voire mondiale. Le choix des enjeux, des critères et des données revêt une grande importance. Certains enjeux, en effet, n’ont guère de pertinence, du point de vue de l’opinion, en dehors de l’espace européen, tels que la monnaie unique, les institutions, la politique de sécurité et de défense commune. D’autres, en revanche, tels que la politique internationale, l’économie de marché, la mondialisation, la tolérance à l’égard de l’homosexualité, le statut de la femme ou l’environnement autorisent une approche comparatiste, l’idée d’une opinion européenne commandant par ailleurs de lui faire subir l’épreuve de la particularité à l’échelle du monde. On dira donc d’une opinion qu’elle est « européenne » si elle est à la fois commune aux Européens et, peu ou prou, le propre des Européens - soit parce que la question ne fait pas sens en dehors de l’Union, soit parce que l’opinion des Européens apparaît suffisamment spécifique (pour plus de développement, cf. mon article : « L’idée d’une ‘opinion européenne’ », Raisons politiques, 19, août 2005, pp. 99-117).

L’émergence d’une opinion implique l’existence d’une question qui se pose à une communauté et qui est perçue comme appelant une décision déterminant le destin de cette communauté au regard des principes qu’elle reconnaît ou des fins qu’elle se donne. L’emploi, l’éducation, la santé, l’environnement ou encore la sécurité constituent autant d’exemples de préoccupations communes. Le débat qui les porte dans l’espace public ordonne une pluralité de points de vue, différents ou antagoniques. A partir des questions que se pose une communauté, il est donc possible de voir émerger un phénomène d’opinion commune, laquelle n’est cependant pas encore publique et ne devient telle qu’à la condition que soit révélée son existence. Des individus peuvent partager des points de vue sans le savoir aussi longtemps qu’une une institution ou qu’un instrument n’ont pas permis de mettre en lumière cette communauté de vue. C’est notamment par le truchement des enquêtes d’opinion, et tout autant par la publication des résultats, qu’une opinion commune peut devenir visiblement une opinion publique. Les sondages n’en sont pas l’unique opérateur. Les médias, les manifestations, les pétitions représentent autant de passages alternatifs vers l’évidence de l’espace public.

De fait, malgré les critiques, les préventions et les doutes, les démocraties ont pris l’habitude, depuis maintenant un demi-siècle, de reconnaître l’opinion publique quantitativement mesurée par les sondages. Il semble, en revanche, que l’idée d’une opinion publique européenne ne parvienne pas à convaincre. Il est vrai qu’il n’existe encore qu’un embryon d’espace public européen et, aux yeux de certains, l’absence d’une langue commune en compromet l’avènement prochain. Les enquêtes d’opinion conduites dans les pays européens peuvent donner lieu au calcul d’une moyenne que l’on nommera « opinion européenne », mais que l’on pourrait regarder comme l’agrégation trop simple d’opinions qui seraient, en fait, « nationales ».

Je défends pourtant l’idée qu’il existe bien une opinion européenne, voire une opinion publique européenne. Il convient en effet de distinguer les deux. L’opinion européenne désigne les opinions communes aux Européens, soit des opinions mesurées quantitativement dominantes. Je suppose qu’il existe un certain nombre de questions qui font sens dans l’espace européen, en raison de l’unité de référence et de destin commandé par l’histoire et par la construction de l’Union. La monnaie unique, l’environnement, la protection sociale, le contrôle de l’immigration ou encore la régulation de la globalisation sont quelques-uns des enjeux que les Européens ont peu à peu appris à partager depuis cinquante ans. Cette opinion européenne ne peut encore accéder à la visibilité en raison de l’inachèvement politique de l’Union. La réalité d’une opinion européenne demeure encore très dépendante des enquêtes par sondages. L’étude de ces dernières –notamment celles réalisées dans le cadre de l’Eurobaromètre- fournit cependant un matériau d’une grande richesse. Ces enquêtes montrent non seulement qu’il existe des points de vue communs à la plupart des Européens, mais aussi que ces points de vue les distinguent du reste du monde – dont les Etats-Unis d’Amérique.

Au cours de l’année 2003, pour la première fois dans l’histoire, les manifestations planétaires contre l’intervention militaire en Irak nous ont offert la possibilité d’évaluer les contours et la fermeté de l’opinion européenne, en Europe et dans le monde, indépendamment des enquêtes par sondages auxquelles elle était jusque-là circonscrite. Devenue, à proprement parler, « manifeste », l’opinion européenne s’est imposée en 2003, de façon inédite, comme une opinion publique authentique (Ce sont ces milliers de manifestations et ces millions de manifestants que je me suis efforcé de quantifier et de localiser, dans mon livre La Fracture occidentale. Naissance d’une opinion européenne, Editions de La Table Ronde, Paris, 2004.).


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JAMES CARREYRE
13 janvier 2007
17:11
DOMINIQUE REYNIE : « Des points de vue qui distinguent l’Europe du reste du monde »

Le vote NON n’était pas un vote politique mais bien plutôt une manifestation de lucidité de la part de « citoyens-électeurs-contribuables » qui ont mis à jour le piège tendu :

OPERATION MAIN BASSE SUR l’EUROPE des amis de GWB et des « gens d’en haut » appelés ILLUMINATI

Vérifiez vous-mêmes avec google :

« JEAN CLAUDE TRICHET » ILLUMINATI BOLKENSTEIN ILLUMINATI

Le danger n’est pas écarté pour autant ; en France, le petit Nicolas se prépare à être l’éclaireur de pointe d’une nouvelle opération-séduction, menée avec un peu plus de tact.

Voir avec GOOGLE : AXE BUSH SARKOZY

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Auteurs

Dominique REYNIE, professeur à Sciences Po Paris

Professeur à Sciences Po Paris et directeur de la série annuelle L’Opinion européenne (La Table Ronde/Fondation Robert Schuman).

Site internet : L’opinion européenne

Sur internet

Observatoire interrégional du politique
page de Dominique Reynié

Commission européenne
analyse de l'opinion publique / Eurobaromètre

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Inspiré des méthodes de fact checking américaines, le site décortiquera jusqu’au second tour les interventions des candidats et la place réservée aux questions européennes dans les médias avec un double objectif : démêler le vrai du faux et mesurer la place de l’Europe dans le débat.

L’opération, indépendante, est financée intégralement par la Fondation Hippocrène.

Vigie 2012 : le fact-checking européen de la présidentielle

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