Alors qu’il s’emblait s’essouffler, le mouvement des « indignés du 15 mai » qui a fleuri dans les grandes villes espagnoles, pourrait bien être reparti de plus belle : plusieurs centaines de personnes se sont ainsi rassemblées ces derniers jours à la Puerta del Sol, l’une des principales places de Madrid et le cœur de la contestation, pour protester contre l’évacuation musclée des « indignés » de Barcelone par la police à la veille de la finale de la Ligue des Champions.
Même si plusieurs responsables du mouvement s’accordent à dire que celui-ci ne pourra pas durer éternellement sous sa forme actuelle, ils promettent de lui donner une suite stable, non en formant un parti politique (forme d’organisation largement rejetée par des manifestants), mais par exemple en organisant des réunions le 15 de chaque mois. Les observateurs y voient en tout cas un mouvement unique dans l’histoire politique de l’Espagne depuis la transition démocratique. S’il se compose de personnes de tous âges, il attire surtout les jeunes, venus exprimer leur ras-le-bol face à une économie particulièrement discriminatoire à leur égard et un système politique dont ils estiment qu’ils ne les représentent plus. D’aucuns ont d’ailleurs rapidement qualifié le mouvement de « printemps ibère », par référence explicite aux révolutions arabes. Si la comparaison et probablement exagérée, il n’est cependant pas interdit de penser que ce mouvement social porté par la jeunesse pourrait présager d’une tendance politique et sociale importante dans plusieurs pays européens.


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