Alors que le scandale des vacances aux frais de dictateurs récemment renversés ébranle le gouvernement français, et que Nicolas Sarkozy recommande à ses ministres de privilégier le territoire national, la Commission européenne s’apprête elle-aussi à renforcer les règles visant à éviter les conflits d’intérêts. Jeudi dernier, Jose Manuel Barroso a ainsi présenté aux groupes politiques du Parlement européen un projet de révision du « code de conduite » de son institution. Les Commissaires seront dorénavant tenus de ne pas accepter d’invitation dépassant les normes de « l’usage diplomatique et de la courtoisie ». Ils devront également s’abstenir d’accepter les cadeaux de plus de 150€, de prendre des avions privés ou des nuits d’hôtel à plus de 300€.
Il est vrai que la Commission n’a pas été épargnée non plus par les polémiques de la sorte, comme celle du séjour de l’ancien commissaire britannique en charge du commerce extérieur, Peter Mandelson, sur un yacht appartenant au milliardaire russe Oleg Deripaska. Plus récemment, c’est surtout la reconversion d’anciens Commissaires (comme Charlie McCreevy ou encore Günter Verheugen) qui avait fait grincer des dents, ce qui fait d’ailleurs dire aux activistes de la transparence comme l’organisation Alter EU que les améliorations proposées restent largement insuffisantes.
Cette révision du code de conduite de la Commission, qui était d’ailleurs prévue de longue date (la coïncidence avec les déboires du gouvernement français n’est que fortuite) ne règlera en effet pas tous les problèmes. Mais si petit soit-il, il s’agit néanmoins d’un pas dans la bonne direction afin de renforcer la confiance des citoyens européens dans l’intégrité de leurs dirigeants, et ainsi dans l’Union en général.


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